La Vierge dorée, ou la Vierge au Buisson ardent

Le culte de la Vierge s'est développé au XIIe siècle avec les Cisterciens et correspond à une période de déification de la femme.

Au XIVe siècle, la sculpture bourguignonne en ronde-bosse est essentiellement mariale. Conformément aux règles corporatives, elle est taillée dans un seul bloc.

Cette oeuvre anonyme nous présente la Vierge et développe le thème de Moïse au Buisson ardent (Ancien Testament) et de l'Enfant (Nouveau Testament), c'est à dire qu'elle représente la Bible dans son ensemble, l'Enfant Jésus étant le nouveau Moïse selon l'Evangile de Jean.
Elle a été commandée par Marguerite de Bourgogne peu avant sa mort en 1308.
D'une hauteur de 2,10m, nous l'apercevons dominant le choeur en haut du maître autel. Les lourds plis de son manteau où ruisselle une lumière dorée et le profil doux à front légèrement bombé sous un voile en font une oeuvre typique des imaygeurs bourguignons.
A l'origine, elle tenait un lys dans sa main droite.

Le rapprochement symbolique du Buisson ardent (qui brûle sans se consumer) à ses pieds, avec la Vierge qui tient l'Enfant (créé par le souffle divin) en fait une lecture typologique, c'est à dire que cette oeuvre illustre la concordance entre les deux Testaments, soit la chrétienté dans son ensemble.



NB : les trois premiers clichés sont de Michel Drouville (copyright) :
Ils nous permettent d'approcher l'oeuvre telle que l'on pouvait la voir à l'origine, puisqu'elle était placée sur le sol dans la chapelle.